Comment le cerveau encaisse-t-il les traumatismes ? Comment fonctionne un trauma ? Enfouir un trauma permet-il de s’en protéger ?
C’est à ces questions, posées dans l’émission de France Inter « Grand bien vous fasse », que les invités d’Ali Rebeihi apportent des éléments de réponse le 17 décembre 2024.
- « Sébastien Bohler est rédacteur en chef de la revue « Cerveau et Psycho », magazine partenaire de l’émission du jour
- Muriel Salmona est psychiatre spécialisée dans la prise en charge des victimes de violences. Elle est fondatrice et présidente de l’association Mémoire Traumatique et Victimologie, membre de la Chaire internationale Mukwege et de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants. Très engagée auprès des victimes, elle a été décorée de la Légion d’honneur pour ses travaux et ses combats, elle est l’autrice du Livre noir des violences sexuelles paru chez Dunod (2022).
- François Louboff est psychiatre et psychothérapeute formé aux Thérapies Cognitives et Comportementales, à l’hypnose et à l’EMDR. Il s’intéresse plus particulièrement aux psychotraumatismes. Elle est l’autrice de Adieu traumatismes… et autres blessures invisibles, publié aux Arènes, 2024.
La psychiatre Muriel Salmona explique ce qui peut conduire à un trauma : « toutes les situations qui vont confronter (une personne) à de graves atteintes physiques ou psychologiques, un risque de mort imminente, une discussion qui bouscule soit par rapport à sa soudaineté et sa gravité, soit aussi à son côté inhumain, et qui vont impacter la personne d’un stress extrême« . Les traumas qui génèrent le plus de risques psychosomatiques sont les violences entre humains, comme les agressions sexuelles ou physiques, ainsi que les attentats.
Il y a d’autres sources de traumatismes, comme la mort accidentelle ou le suicide d’un proche, comme les catastrophes naturelles, « des situations où on est confronté à des risques de mort en face de soi« . Les invités distinguent rapidement dans la discussion les traumas dits simples des traumas dits complexes. Le psychiatre François Legoff explique la différence par la répétition de l’événement générateur : le trauma « simple » provient d’un événement non-répété, disons singulier, le trauma « complexe » provient quant à lui de traumatisations répétées, souvent durant l’enfance, « qui laissent des cicatrices importantes et qui vont faciliter la survenue d’un stress post-trauma à l’âge adulte quand la personne sera confrontée à un nouvel événement traumatique« .
Enfin on peut être traumatisé lorsqu’on subit des violences, mais aussi lorsqu’on en est témoin. De l’autre côté, on observe aussi des troubles psychotraumatiques chez la personne qui aura agressé (…) ».
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