Une émotion niée ne disparaît pas. Nous l’avons vu avec Olivier Piedfort Marin et Art-mella : lorsque nous refoulons une émotion nous pensons la faire disparaitre, mais elle continue d’agir sous la forme de tensions dans notre corps, de comportements impulsifs ou encore de fatigue, d’anxiété, ou même d’irritabilité.
Ne pas reconnaître une émotion empêche le cerveau de la traiter ; elle revient alors autrement.
Reconnaitre nos émotions est nécessaire à notre autorégulation. Nommer nos émotions active des circuits cérébraux de régulation. Et nous constatons que l’intensité de ces émotions diminue : nous pouvons alors prendre du recul. Ouf, nous avons évité une escalade émotionnelle !
Cette reconnaissance est également importante pour une adaptation optimale de nos comportements. Nos émotions nous communiquent des informations. Par exemple, la colère peut signaler un besoin de limites ; la tristesse, un besoin d’aide ; la peur, un besoin de protection ou encore la joie, un besoin de partage.
En reconnaissant nos émotions, nous pouvons adapter notre comportement au lieu de réagir automatiquement.
Identifier ses émotions contribue également à l’amélioration de nos liens relationnels. Ça nous permet d’exprimer ce que nous vivons de manière plus authentique, de réduire les malentendus avec autrui et d’ainsi renforcer la coopération et la confiance.
Nier nos émotions nous déconnecte de nous-même en nous barrant l’accès à nos besoins, génère une confusion interne et nous fragilise.
À l’inverse, reconnaître nos émotions nous permet d’être aligné avec nous-même et contribue à une meilleure estime de soi.
La maturité psychologique repose sur la conscience de nos émotions.
Dans une interview Bangerz de décembre 2025, conduite par Deborah Grunwald, le philosophe Charles Pépin fustige une coach en bien-être qui propose un exercice visant à tromper le cerveau et à s’autopersuader en matière de gestion des émotions. Car, selon lui, « ce qui va nous libérer, c’est le consentement à la complexité des choses » et la reconnaissance de nos émotions dans un « c’est comme ça affirmatif ».
Pour le rejoindre, c’est ici
Pour compléter, écoutez-le également dans l’émission de France Inter « La question philo » du 31 août 2024 où il répond à la question « Est-ce en chassant les émotions négatives que l’on développe les émotions positives ? ». Bien sûr, la réponse est : « non ». Et le philosophe de conclure :
« Oui parfois je suis triste, ou en colère, ou honteux. C’est comme ça. Mais ce « c’est comme ça » n’est pas résigné. Il n’est pas aigre. Il est affirmatif, courageux ; il est même possible qu’il soit déjà joyeux ».
L’intégralité de l’intervention ici





