Les psychologues font partie des professions réglementées
L’usage professionnel de leur titre est protégé.
La profession de psychologue est la seule profession réglementée, gérée par le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
L’article 1er de l’ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 relative à l’exercice en société des professions libérales réglementées – qui est entré en vigueur le 1er septembre 2024 – nous donne une définition des professions libérales réglementées :
« Les professions libérales réglementées groupent les personnes exerçant à titre habituel, de manière indépendante et sous leur responsabilité, une activité ayant pour objet d’assurer, dans l’intérêt du client, du patient et du public, des prestations mises en œuvre au moyen de qualifications professionnelles appropriées.
Ces professions sont soumises à un statut législatif ou réglementaire où leur titre est protégé. Elles sont tenues, quel que soit leur mode d’exercice de leur profession et conformément aux textes qui régissent son accès et son exercice, au respect de principes éthiques ou d’une déontologie professionnelle susceptibles d’être sanctionnés par l’autorité compétente en matière disciplinaire. »
Le psychologue est autonome
Les psychologues ne sont donc pas des professionnels de santé paramédicaux. La pluralité de leurs pratiques est fondamentale. Ce sont des professionnels à haut niveau de qualification, autonomes, libres de leurs méthodes, consultables par tous et sans limitation du nombre de séances.
Leur autonomie professionnelle est clairement posée dans l’article 2 du décret 91-129 : « Les psychologues […] exercent les fonctions, conçoivent les méthodes et mettent en œuvre les moyens et techniques correspondant à la qualification issue de la formation qu’ils ont reçue. À ce titre, ils étudient et traitent, au travers d’une démarche professionnelle propre, les rapports réciproques entre la vie psychique et les comportements individuels et collectifs afin de promouvoir l’autonomie de la personnalité. Ils contribuent à la détermination, à l’indication et à la réalisation d’actions préventives et curatives assurées par les établissements et collaborent à leurs projets thérapeutiques ou éducatifs tant sur le plan individuel qu’institutionnel ».
L’autonomie des psychologues – issue de leur formation de troisième cycle et conférée par le fait qu’ils ne sont pas paramédicaux – est fondamentale.
La profession de psychologue relève des sciences humaines…
La profession de psychologue relève des sciences humaines parce qu’elle étudie le comportement, les pensées et les émotions des individus dans leur dimension subjective, sociale et culturelle.
Les étudiants en psychologie reçoivent une formation pluridisciplinaire, intégrant à la fois des sciences humaines (sociologie, anthropologie, philosophie), des sciences expérimentales (neurosciences, biologie) et des outils méthodologiques (statistiques, recherche). Ils peuvent ainsi avoir une vision globale du comportement humain et de son fonctionnement.
… et non de la médecine…
Le psychologue n’est pas un médecin. Il n’est pas habilité à prescrire des médicaments ou à établir des feuilles de soins. Psychologue n’est donc pas une profession médicale.
La pratique du psychologue et celle du médecin sont à l’opposé. La pratique médicale est destinée à faire taire le symptôme tandis que la pratique du psychologue vise, tout au contraire, à le laisser parler, à l’écouter dans tout ce qu’il a de plus subjectif et de plus singulier. Bien sûr, ces deux pratiques peuvent se compléter utilement pour le patient.
La thérapie est un travail collaboratif où le patient joue un rôle actif. Le psychologue fournit des outils et un espace de réflexion. Il n’a pas pour mission de guérir au sens au sens médical du terme, mais plutôt d’accompagner, soulager et aider le patient.
La psychologie ne fonctionne pas comme la médecine « classique ». Contrairement à une fracture qui se « répare », les souffrances psychiques nécessitent un travail progressif qui peut durer… un certain temps. L’amélioration est subjective et souvent graduelle.
Consulter un « psy » est une démarche très personnelle qui ne doit pas passer par un tiers.
Soumettre le remboursement de la consultation du psychologue sous condition de prescription d’un médecin s’apparente à une « paramédicalisation » de la profession. C’est pourquoi « Mon soutien psy » rencontre peu de succès auprès des professionnels. On peut même parler d’un échec. Au 30 mars 2025, 5,64 % du total des professionnels éligibles seraient conventionnés alors que la mesure a débuté il y a 3 ans. Nous pouvons donc noter que 94,36 % des psychologues ont décidé de ne pas s’inscrire dans ce dispositif.
Et la publicité massive à laquelle les psychologues ont été exposés ces derniers mois n’y peut rien. Malgré ses efforts, cette campagne de séduction a peu d’impact sur les professionnels.
Consulter un psychologue dépend des besoins, des attentes et du parcours de chacun.
Consulter un psychologue peut difficilement se faire sur prescription médicale :
- La santé mentale concerne des ressentis subjectifs qui ne nécessitent pas toujours un diagnostic médical
- Chacun doit pouvoir consulter librement un psychologue, sans avoir à passer par un médecin
- Exiger une prescription pourrait stigmatiserla démarche comme un traitement médical.
- Dans certains cas, une prise en charge rapide est essentielle. Passer par un médecin pour une prescription pourrait allonger le délai d’accès aux psychologues.
- Consulter un psychologue peut être une démarche de prévention et de bien-être et peut permettre d’éviter l’aggravation de certains troubles
Consulter un psychologue sans prescription favorise une prise en charge autonome, rapide et décomplexée de la santé mentale.
… et elle a sa propre place dans le parcours de soins
Le psychologue est reconnu comme étant un acteur de soins sans être une profession de santé. Il doit avoir un numéro RPPS (Répertoire Partagé des professionnels de Santé) à l’Agence Régionale de Santé.
Acteur-clef du système de soins, le psychologue apporte un soutien essentiel pour améliorer la qualité de vie des patients et favoriser leur rétablissement.
Il n’a pas pour rôle de garantir une guérison, mais plutôt d’aider la personne à trouver un équilibre, à mieux gérer ses souffrances et à évoluer positivement.
Pour ce faire, il collabore avec des partenaires tels que les psychiatres, infirmiers, les travailleurs sociaux, les orthophonistes, les ergothérapeutes, les psychomotriciens, les kinésithérapeutes.
Cette coordination pluridisciplinaire – qu’elle s’exerce « officiellement » dans le secteur public ou qu’elle s’organise dans des réseaux du secteur privé – permet d’offrir une prise en charge globale et cohérente au patient, en tenant compte de ses difficultés médicales, psychologiques et sociales.
En conclusion
Le psychologue est un professionnel autonome et réglementé, qui occupe une place à part entière dans un parcours de soins public ou privé. Sa pratique, issue des sciences humaines, se distingue de l’approche médicale traditionnelle et vise à accompagner la personne dans un travail collaboratif de réflexion et d’évolution.
Cette approche singulière fait du psychologue un partenaire essentiel, qui collabore avec les différents acteurs du système de santé pour offrir une prise en charge globale et cohérente, centrée sur le bien-être et la qualité de vie du patient. Son autonomie, ainsi que la possibilité de le consulter librement et sans prescription, permettent une prise en charge rapide et décomplexée de la santé mentale, au bénéfice de tous.






