En 2025, la santé mentale a été Grande Cause nationale sous le slogan « Parlons santé mentale ! ». Son objectif ? Briser les tabous, promouvoir l’information, faciliter l’accès aux soins et renforcer la prévention. Le gouvernement a prolongé cette cause jusqu’en 2026. Cliquez ici pour en savoir plus.
Faciliter l’accès aux soins et renforcer la prévention ?
C’est quelque peu étrange car les moyens attribués à la psychiatrie ne cessent de diminuer. En décembre 2025, le rapport de la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap et sur les coûts de ces défaillances pour la société a mis en évidence une situation préoccupante, marquée par une aggravation des troubles psychiques et des difficultés persistantes dans l’accompagnement du handicap.
La prise en charge de la santé mentale en France souffre de défaillances profondes, (Voir l’article sur ce sujet)
Briser les tabous, promouvoir l’information ?
L’entourage comprend souvent mal la consultation d’un psychologue ou d’un psychiatre, voire se moque. Selon l’institut d’études indépendant Odoxa, 70% des Français considèrent encore la santé mentale comme un sujet tabou. Cliquez ici pour en savoir plus.
A l’époque des réseaux sociaux, peut-on espérer une évolution grâce à la parole de personnalités publiques pour faire évoluer les choses ? Les médias se sont emparés du sujet : les célébrités consultent ! Alors si les célébrités consultent…
Et c’est un fait, de nombreuses célébrités contribuent à normaliser la thérapie en partageant leurs expériences.
Contrairement à l’image de réussite qu’elles véhiculent, elles sont confrontées, comme tout un chacun, à l’anxiété, à la dépression, aux traumatismes ou aux difficultés relationnelles. Leurs témoignages illustrent les multiples raisons qui peuvent conduire à consulter.
Aux Etats-Unis, on assume
Lady Gaga – auteure-compositrice-interprète, productrice, actrice – évoque régulièrement son suivi thérapeutique. Elle évoque notamment un trouble de stress post-traumatique consécutif à une agression sexuelle subie dans sa jeunesse.
Dwayne Johnson – acteur, producteur et catcheur – a parlé ouvertement de ses épisodes dépressifs, survenus notamment après des échecs sportifs et des périodes de transition.
Emma Stone – actrice et productrice – décrit des crises d’angoisse précoces et un travail thérapeutique engagé dès l’enfance.
Le Prince Harry – membre de la famille royale britannique – a largement médiatisé son recours à la psychothérapie après la mort de sa mère, la princesse Diana.
Selena Gomez – auteure-compositrice-interprète, actrice, productrice – a évoqué ses hospitalisations et son suivi psychiatrique dans le cadre d’un trouble bipolaire.
Ryan Reynolds – acteur et producteur – parle de son anxiété chronique, notamment liée à la performance et à l’exposition médiatique.
Kendall Jenner – mannequin – a partagé ses expériences d’attaques de panique dans des contextes très exposés.
Brad Pitt- acteur et producteur – a entamé une thérapie centrée sur ses comportements et ses addictions après son divorce avec Angelina Jolie.
En France aussi, la parole se libère.
Plusieurs personnalités françaises ont évoqué sans détour leur recours à un suivi psychologique.
Isabelle Adjani – actrice et chanteuse – a confié que la psychanalyse lui avait « sauvé la vie ».
Laetitia Casta, actrice – mannequin et réalisatrice – évoque un soutien précieux dans une période difficile.
Charlotte Gainsbourg- actrice et chanteuse – reconnaît que la thérapie l’a aidée à sortir d’une profonde détresse émotionnelle.
Carla Bruni – auteure-compositrice-interprète – décrit notamment une démarche engagée sur le long terme, orientée
D’autres acteurs tels Julie Gayet, Daniel Auteuil ou Valérie Lemercier – qui a révélé avoir été internée à 23 ans – ont également partagé leur expérience. vers une « harmonie intérieure ».
Quand les troubles psychiques sont racontés à l’écran
La médiatisation de ces parcours passe aussi par des documentaires récents.
Dans un documentaire diffusé en 2025 sur M6, une quinzaine de personnalités et d’inconnus ont courageusement évoqué leurs troubles psychiques, ainsi que leurs solutions et traitements pour aller mieux. Juliette Paquin, qui a écrit et réalisé ce film a souhaité contribuer à la libération de la parole sur la santé mentale.
Yannick Noah y évoque une dépression sévère survenue après sa victoire à Roland-Garros en 1983.
Les témoignages des sportifs Camille Lacourt et Florent Manaudou ; celui des artistes Michèle Bernier, François Berléand ou Pomme mettent en lumière une diversité de troubles : dépression, bipolarité, anxiété, Troubles du Comportement Alimentaires ou troubles schizophréniques.
Un thème récurrent émerge : le décalage entre image publique et vécu intime. Comme le souligne le magicien Éric Antoine, la quête de reconnaissance peut parfois masquer une souffrance profonde.
Le documentaire : cliquez ici.
Réalisé par Ketty Rios Palma en 2023, le documentaire « Perché » retrace l’aventure des quatre jeunes adultes qui ont créé La Maison Perchée, une association non médicalisée pour les jeunes adultes vivant avec un trouble psychique, fondée sur l’aide entre pairs.
Le documentaire « Têtes plongeantes » réalisé par Lenny Grosman donne la parole à Raphaël Varane, Olivier Giroud, Blaise Matuidi, Samuel Umtiti et Djibril Sidibé, champions du monde 2018 de football. Ils se livrent sur leurs propres angoisses et dépressions. À travers des cercles de parole, ces sportifs échangent avec des jeunes sur ces blessures invisibles, vécues en parallèle de leur succès. Ces rencontres à cœur ouvert visent à libérer la parole pour mieux soigner ce mal être.
Ni une faiblesse ni une exception
Ces témoignages montrent que consulter un psychologue ou un psychiatre ne relève ni d’une faiblesse ni d’une exception, mais d’une démarche de soin et de connaissance de soi.
Si les problématiques rencontrées par ces célébrités sont similaires à celles du grand public, leur visibilité joue un rôle clé dans la déstigmatisation. Elle participe à une évolution culturelle majeure : reconnaître que la santé mentale est une composante essentielle du bien-être.
Reste un enjeu central : rendre cet accès aux soins réellement possible pour tous, dans un contexte où les besoins augmentent plus vite que les moyens disponibles.






